VAE : Itinéraire d’un partiellement validé

Novembre 2011, je reçois la délibération du jury de VAE : validation partielle du BTS audiovisuel option montage et postproduction. Dans la même enveloppe, se tenait un formulaire d’inscription à l’examen du BTS en candidat libre, avec pour date limite 10 jours après. Tant pis pour moi, c’est bien moins qu’il m’en faut dans ce genre de cas, je décide donc de m’y inscrire, « on verra bien ».

Autre document intéressant dans ce courrier, les conseils du jury pour valider les modules manquants. C’est ce qui a constitué la base de ma formation pour être prêt à l’examen.

La situation du partiellement validé change radicalement dans ce cas : je suis passé de la rédaction et l’explication de mes expériences, mon travail, mon vécu, à de l’apprentissage pur et dur, j’ai envie de dire « à l’ancienne ». J’ai éprouvé 4 principales difficultés :

  1. Se renseigner.

    C’est à dire, savoir en quoi consistaient exactement les deux épreuves que j’allais passer.
    Mon premier réflexe fut d’aller sur Internet afin de trouver des sujets d’examens. Il suffisait en fait de trouver le bon site, en l’occurrence c’est le CRDP de Montpellier qui les avait. Mais je souhaitais également en savoir un peu plus sur l’épreuve pratique, pour laquelle aucun document n’est tombé sous le clic de ma souris.

    C’est Finalement au bas de ma porte que j’ai eu le plus d’informations ; ceci grâce à un professeur du BTS qui a pris du temps pour répondre à mes questions lors des journées portes ouvertes du Lycée. Je le remercie ici.

    Mon analyse personnelle à ce sujet, c’est qu’il est assez difficile en tant que candidat libre d’être informé. Le système Education Nationale est dans mes souvenirs très (trop) bien organisé pour les élèves et étudiants inscrits dans un parcours scolaire (on nous mâchait tout le travail d’inscription…) mais trop fermé pour les extérieurs. Un rééquilibrage serait de bonne augure.

  2. S’équiper.

    C’est à dire se procurer les logiciels et les ouvrages.
    Dans ce milieu, je n’ai pas entendu parler de logiciel libre. La somme totale des logiciels sur lesquels je me suis formé s’élève 6000 € environ. Autant dire que je ne les ai pas achetés, je me suis débrouillé autrement.
    En ce qui concerne les ouvrages, c’est évidemment beaucoup moins cher.
    Dans les deux cas, il aurait été hasardeux à mon sens de s’orienter sur de l’occasion, les livres et logiciels sont réédités dans leur nouvelle version environ une fois par an.

  3. Se former.

    Sans doute le plus difficile. J’ai contacté un organisme Greta spécialisé dans l’audiovisuel : impossible d’intégrer une formation « à la carte » dans leur organisation, le système bien huilé évacue instantanément le grain de sable. J’ai contacté des organismes privés, les prix sont rédhibitoires. Seul le Centre AudioVisuel de Grenoble (un EPN, merci le réseau !) a pu m’accorder une journée de formation. La solution pour les autres logiciels, c’est le professeur de Villefontaine qui me l’a amenée : des DVD d’autoformation. J’ai donc ingurgité une vingtaine d’heure de formation, et je dois dire que j’ai bien aimé. A 20 € le DVD d’occasion, j’ai battu les records de prix.
    Quand à la théorie, la lecture des 2 pavés fut intéressante, j’aurais presque pu aimer si derrière moi ne planait pas l’obligation de mémorisation.

  4. Y aller.

    En ce qui concerne l’épreuve théorique que j’ai dû passer, j’ose espérer que le genre vit ses dernières heures. Un questionnaire d’une dizaine de pages, des interrogations de connaissance pure… Je me suis senti quelques fois bien seul sans l’ami Internet. Dans mes diverses expériences, lorsque j’ai une question théorique ou pratique, le clavier et la souris ne sont pas loin. Ne sont-ce pas là les compétences du futur, plutôt que de se rappeler par coeur « la structure d’échantillonnage en 4:2:2 » ? Au Danemark, on expérimente. http://eduscol.education.fr/numerique/actualites/veille-education-numerique/janvier-2010/danemark-utilisation-d-internet-aux-examens

    L’épreuve pratique quand à elle, m’est apparue avec un fonctionnement un peu moins obsolète. Un cas concret, de la matière, et des questions contextualisées. Les examinateurs ont bien pris en compte mon cas particulier de candidat libre issu de VAE, et n’ont pas insisté sur les thèmes habituellement exposés aux étudiants ; ça n’en reste pas moins un jury, celui qui vous pose des questions et qui n’exprime rien quand il entends vos réponses. Celui de la VAE était du même acabit. Un seul mystère subsiste : il a fallu produire le « plan de montage » (sorte de storyboard détaillé), document qui au bout d’une heure et demi m’a été retiré. J’ai eu l’impression de travailler dans le vent…

Je suis finalement assez content de l’expérience globale, ceci est probablement aussi dû au résultat positif. Se replonger dans le fonctionnement traditionnel d’acquisition d’examen m’a permis de pouvoir comparer in situ les différences avec le processus de la VAE.

J’ai consulté le résultat des épreuves le 10 juillet à 14h30. Et finalement qu’est ce qui a changé entre le moi de 14h29 et le moi de 14h31 ? Sur le plan des compétences, rien. Je remet donc bien ce diplôme à sa place, en tant que bout de papier. Ce que m’a permis cette expérience c’est tout le processus, vécu comme moteur d’acquisition de compétences et comme analyse et perfectionnement de mon activité.

Non mais en vrai, ça fait plaisir quand même :))

Ci-joint le livret 2 de ma VAE, en licence CC-BY-NC-SA

3 réflexions au sujet de « VAE : Itinéraire d’un partiellement validé »

  1. quillon isabelle (epn de beaurepaire)

    Toutes mes félicitations Alex
    Je suis ravie pour toi même si ce n’est qu’un bout de papier ! Il pourra peut être t’ouvrir les portes que tu mérites….

    A bientôt,

    Isabelle

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  2. vincent

    Bonjour,
    Je vais me lancer dans une VAE identique à la votre et j’aimerais savoir quels modules n’avez-vous pas validé et en connaissez-vous les raisons?

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    1. Alexandre Auteur de l’article

      Bonjour,
      Je n’ai pas validé « Technologie des équipements et supports », et « Technique et mise en oeuvre ».
      Pour le premier j’ai du lire « Les secrets de l’image vidéo de Philippe Bellaïche » afin de compléter mes connaissances, pour le deuxième je suis allé passer l’épreuve pratique, la réalisation d’un montage type « news » sur Final Cut. Je ne sais pas pourquoi je n’ai validé ce module, peut être pour faire mes preuves et montrer mon savoir faire (il n’était pas possible de joindre une de mes productions au livret VAE). Mon mail si tu as besoin d’autres renseignements : ordigami[at]gmail[point]com

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